Qu’en est-il de Pallywood [et de l’affaire Al-Dura]?


Par Nathalie Blau

S’agissant de l’affaire Al-Dura, il n’y a rien, dans l’article de N. Blau, que nous ne connaissions déjà [1]. Mais il est bon que cette affaire soit revisitée, à l’occasion de l’incident de la vidéo anachronique, dont des extraits, donnés pour avoir été filmés durant l’opération de Gaza, mais datant en fait de cinq ans auparavant, ont été diffusés par France 2 récemment. Bévue (?) sur laquelle la direction de la chaîne nationale a glissé un peu trop rapidement, « sans pour autant rectifier le tir » (c’est-à-dire préciser explicitement que les images de boucherie humaine impudiquement montrées, étaient le résultat d’un “accident de travail” du Hamas, et non celui d’un bombardement de Tsahal), comme le précise opportunément la journaliste. Cette réactualisation d’un événement, malheureusement occulté par une actualité explosive, vient, à point nommé, rafraîchir la mémoire de tant de gens – journalistes aussi bien que lecteurs – qui, dans le bruit et la fureur de l’opération de Tsahal à Gaza, ont à peine, ou pas du tout remarqué que le Hamas a recouru aux mêmes stratagèmes de mise en scène, d’usage de boucliers humains, et de manipulation d’images, que dans l’affaire Al-Dura. Ne serait-ce que pour cela, il faut savoir gré à Nathalie Blau et au “Jerusalem Post” en français, d’avoir rédigé et publié ce rappel utile et pratique. (Menahem Macina).

Lundi 5 janvier, quelques jours après le début de l’offensive terrestre israélienne, France 2 diffusait un reportage pour illustrer la situation dans la bande de Gaza. Une vidéo d’une minute trente, dont une vingtaine de secondes produites par un cinéaste amateur.

Sur ces images, souligne la voix off, “il s’agirait d’une frappe de missiles le 1er janvier. Les militaires portent les brassards du Hamas. Sur le sol, des combattants mais aussi beaucoup de cadavres et de civils”. On aperçoit alors un immeuble éventré, des corps étendus, le chaos et la panique dans les rues.

Oui mais voilà, ces 20 secondes filmées par un téléphone portable n’ont pas été tournées début janvier dernier dans la bande de Gaza : elles datent du 23 septembre 2005. Et ne relatent aucunement un raid de l’aviation israélienne, mais l’explosion accidentelle, dans le camp de réfugiés de Djabaliya, d’un camion palestinien transportant des roquettes.

Au moment de leur diffusion dans le journal de 13 h, les images – arrivées anonymement à la rédaction selon la chaîne publique – circulent déjà depuis plusieurs jours sur Internet. Elles proviendraient de militants pro-Palestiniens, estimait Le Figaro qui avait titré pour l’occasion, “France 2 piégée par la propagande palestinienne.”

Très vite, la chaîne va sortir toute la panoplie journalistique pour reconnaître “son erreur”. Sans pour autant rectifier le tir : car si la chaîne avoue “un dysfonctionnement interne de vérification de l’information”, elle ne reviendra pas sur la véritable origine des images, à savoir un “accident de travail” du Hamas.

Dès le lendemain de la diffusion du reportage, excuses en ordre du vice-directeur de l’information, Etienne Leenhardt. Idem pour la présentatrice Elise Lucet, qui déplore à l’antenne une “confusion regrettable”. Selon un journaliste du service étranger, interrogé par Le Post.fr, les oreilles des collaborateurs ont chauffé après révélation de la supercherie. “A France 2, chacun a conscience que l’on ne peut se permettre une telle ’boulette’”, avouait-il.

A en croire le site Expression-publique.com, 28 % des sondés affirment leur sympathie à l’égard d’Israël, contre 13 % pour le Hamas. Mais ces mêmes internautes (3 100 votants “volontaires” entre le 9 et le 13 janvier dernier) sont 61 % à penser que l’armée israélienne “ne se préoccupe pas des civils palestiniens.”

Si la sympathie des Français pour une nation ou une autre peut trouver sa source dans tout un tas de facteurs socioculturels, leur regard sur le rôle des forces de défense israéliennes est directement dicté par les inflexions des médias.

Le CSA ne s’y est pas trompé puisque le 13 janvier dernier, il a mis la chaîne en demeure de “respecter ses obligations en matière d’honnêteté d’information”. L’occasion également pour le Conseil supérieur de l’audiovisuel de “rappeler solennellement aux radios et aux télévisions d’observer une vigilance particulière en ce qui concerne la couverture médiatique des conflits internationaux et leurs éventuelles répercussions en France.”

France 2 semble cette fois avoir compris la leçon. Même Arlette Chabot, grande prêtresse du service de l’info de la chaîne, acceptera de s’exprimer sur l’incident : “C’est un manque de vérification des sources. Nous ne nous sommes pas vraiment posé de question car ces images étaient diffusées sur un grand nombre de chaînes de télévision arabes.

Il ne s’agit en aucun cas d’une manipulation, et la diffusion [des images] n’a duré qu’une dizaine de secondes. Mais pour éviter que la polémique enfle, et que l’on soit accusé de ne pas reconnaître nos fautes, nous avons préféré présenter des excuses”, a-t-elle expliqué sur Télé.obs. Une attitude bien différente de l’inflexibilité dont a fait preuve la chaîne autour des images contestées du trop célèbre reportage Al-Dura.

Jour de tournage à Gaza

Car la récente erreur de France 2 n’est pas sans rappeler une autre affaire, qui en son temps avait fait le tour de la planète et dont les répercussions avaient été dramatiques pour Israël et la diaspora : Mohammed Al-Dura. En septembre 2000, la chaîne publique diffusait un reportage sur la mort d’un enfant palestinien dont France 2 rendait responsable l’armée israélienne.

Rappel des faits. Le 30 septembre 2000, en cette journée de Shabbat et premier jour de Rosh Hashana, Israël s’adonne à la prière. Si le pays est sous tension, il est loin de se douter qu’au sud, à Netzarim, se joue un des drames de son histoire. C’est pourtant ce jour-là, en plein après-midi, que se dessine l’affaire Al-Dura.

Le soir même, le journal de 20 heures de France 2 diffuse en exclusivité un reportage de 55 secondes. Les téléspectateurs de la chaîne découvrent un Palestinien de 12 ans, dont les circonstances de la “prétendue” mort au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, vont vite se transformer en tourbillon médiatique.

Les images signées Talal Abou-Rahma, cameraman palestinien, sont commentées par Charles Enderlin. Le propos du correspondant permanent de la chaîne à Jérusalem est catégorique : Mohammed Al-Dura est mort dans les bras de son père sous des balles israéliennes. La vidéo est courte, 55 secondes, mais fait l’effet d’une bombe.

L’adolescent devient l’icône de la cause palestinienne et de la barbarie israélienne. Le monde est sous le choc. En France, en Israël et partout ailleurs les images sont relayées, puisque, fait suffisamment rare pour être mentionné, France 2 a eu la générosité de les mettre – en diffusion libre – à disposition de toutes les chaînes internationales. Seule CNN, n’ayant pu obtenir des garanties d’authenticité, a refusé de les diffuser.

C’est dans un climat délétère qu’Israël doit faire face à ce reportage. Deux jours plus tôt, le 28 septembre, Ariel Sharon avait décidé de se rendre sur le mont du Temple, en cette veille du Nouvel an juif 5761. Un événement assimilé aujourd’hui encore au déclenchement de la seconde Intifada, même si sa causalité directe est généralement discutée.

L’affaire Al-Dura va mettre le feu à une poudrière déjà bien attisée et exacerber le soulèvement palestinien soutenu par le monde arabe. Elle sera invoquée pour justifier le lynchage de deux soldats à Ramallah le 12 octobre 2000, rappelée sur l’enregistrement de l’exécution du reporter américain Daniel Pearl, récupérée par le Hamas dans ses velléités d’endoctrinement suicidaire, mentionnée dans les clips de recrutement d’Al-Qaïda.

En Egypte, en Tunisie, en Iran ou Jordanie, des timbres-poste seront frappés à l’effigie du jeune garçon. A Bamako, la place principale de la ville sera rebaptisée “place de l’enfant martyr de Palestine.”

En France, l’événement sera “à l’origine du déclenchement de la haine et de la violence antisémite”, estime le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France). Mohammed Al-Dura allait incarner le symbole de la croisade djihadiste résolument anti-occidentale.

Des images contestées

Pourtant, très vite, les images seront sujettes à polémique. L’armée israélienne, qui présentera ses excuses dans un premier temps reviendra, dès la fin de l’année 2000, sur sa responsabilité. Le général de réserve Tom Tov Samia est alors commandant en chef de la région sud.

“D’après l’analyse de toutes les données sur le terrain, l’emplacement de la position de Tsahal, les angles de tir, l’emplacement du père et de son fils derrière un tonneau leur servant d’abri, la fréquence des tirs, les angles de pénétration des balles dans le mur placé derrière le père et le fils ainsi que le timing de l’événement rendent hautement improbable le fait que les tirs ayant soi-disant atteint le père et son fils aient pu être tirés par les soldats de Tsahal se trouvant dans cette position”, affirme-t-il au terme de l’enquête qu’il a commanditée.

Samia avait confié le soin des investigations à des enquêteurs civils, chapeautés par le physicien Nahoum Shahaf. Mais si sa déclaration ouvre un gouffre d’interrogations, elle manque de fermeté. Tsahal ne parvient pas à se prononcer de façon catégorique.

Arrivé trop tard, le verdict militaire ne recueille pas l’attention du grand public, ni des officiels de l’époque. Shaoul Mofaz, alors chef d’état-major, et Ehoud Barak, à la tête du gouvernement, n’accorderont que peu de soutien à l’enquête de Samia.

Mais en dépit du flou de l’armée, un déferlement de doutes va remettre en cause la véracité des images diffusées. Parmi les fers de lance de ce mouvement contestataire : le professeur américain Richard Landes, La Mena (Metoula News Agency) et Media-Ratings en tête. Relayés par Debriefing.org, Desinfos.org, Primo Europe.

Les éléments qu’ils mettent en exergue laisseraient supposer d’une grossière manipulation de la part du cameraman palestinien Talal Abou-Rahma, à l’origine des enregistrements, aidé par la complicité de locaux gazaouis. Voici certains des points qu’ils avancent:

– Les images montrent l’enfant et son père derrière le tonneau bien avant le début des prétendus tirs, ce qui laisse à penser qu’ils n’ont pas été pris par hasard dans une fusillade, mais volontairement placés là.

– Les cassettes ne montrent pas de sang sur le sol, là ou Mohammed était couché, ni sur le mur derrière lui, ni sur ses vêtements, alors que le cameraman a affirmé l’avoir vu saigner pendant 15 à 20 minutes.

– Selon le cameraman et les autres témoins visuels, l’amée aurait tiré pendant 45 minutes en direction du père et de l’enfant, soit une cible d’un mètre carré postée à 80 mètres de distance. Pourtant, seuls 8 impacts de balle ont été comptabilisés sur le mur. Un résultat improbable pour tous les experts balistiques.

– Les 55 secondes que constitue la “scène du meurtre” sont réparties sur 6 séquences séparées. Plutôt que de filmer de longues séquences du père et du fils pris dans la fusillade ou en train de saigner, Talal tourne de minuscules plans de quelques secondes.

A la vue de ces constats, plusieurs voix s’élèvent pour crier à l’escroquerie. Esther Shapira, une journaliste allemande, consacre un documentaire à l’affaire, qui met en évidence les incohérences du récit de France 2 : impact de balles qui ne correspondent pas aux armes israéliennes, absence de balles alors que Tsahal aurait tiré pendant 45 minutes et surtout, contradictions dans les déclarations du cameraman quant au nombre de balles et la durée des tirs israéliens, et refus de la chaîne de communiquer les 27 minutes de rushes originaux.

Les enregistrements originaux ou l’Arlésienne de France 2

Du côté de France 2, tout le monde se serre les coudes. Abou-Rahma bénéficie du soutien sans failles du correspondant Enderlin, lui-même plébiscité par les chefs de l’information de la chaîne qui se succèdent, encouragés par la direction de France 2 qui s’octroie l’appui du président de l’époque, Jacques Chirac. Tous restent fidèles à leur position, sourds à tout appel à débattre. Pour Enderlin, il s’agit “d’une campagne de diffamation franco-française avec à l’arrière-plan des groupes de pression américains”. Télérama ou Marianne vont dans son sens.

Face à une profession qui fait bloc, quelques irréductibles poursuivent le combat. Entre alors en scène Philippe Karsenty. En tant que tiers non concerné directement par l’événement, il ne peut se constituer partie civile et poursuivre France 2 en justice.

Son seul recours pour porter l’affaire devant les tribunaux consiste à se faire attaquer par la chaîne pour diffamation. Le 22 novembre 2004, il publie un article sur son site Media-Ratings : “Arlette Chabot et Charles Enderlin doivent être démis de leurs fonctions immédiatement.”

Et accuse France 2 d’avoir diffusé un reportage bidon, qu’il qualifie de manipulation. Au cœur de la polémique : les 27 minutes d’images, tournées par Talal Abou-Rahma à partir desquelles a été monté le sujet de 55 secondes. Depuis le début de l’affaire, France 2 se refuse à les communiquer.

Seuls quelques témoins privilégiés ont pu les visionner : le Pr Richard Landes, Luc Rosenzweig (ancien rédacteur en chef du Monde), Denis Jeambar (qui dirige aujourd’hui les éditions du Seuil après avoir été président du directoire du groupe Express-Expansion de 2001 à 2006) et le journaliste Daniel Leconte, créateur des soirées Thema d’Arte.

Selon Philippe Karsenty, Arlette Chabot, nouvelle directrice de l’information de France 2 depuis février 2004, découvre les images avec eux le 22 octobre de cette même année. Si elle blêmit au moment de la projection, elle ne reviendra pas sur la version dispensée jusqu’alors par la chaîne, précise-t-il. Jeambar, qui prépare un article révélateur pour l’Express, “se rétracte”, note Karsenty, “tout comme Leconte.”

Pour le directeur de Media-Ratings, il ne fait aucun doute que des pressions exercées sont à l’origine de ces revirements d’attitude. Seuls Landes et Rosenzweig accepteront d’évoquer la possibilité que la fusillade ait été mise en scène par les Palestiniens.

Ils mentionneront surtout des images montées de toutes pièces, où l’on peut apercevoir des “figurants palestiniens” rejouer une scène qui venait d’être tournée. Les 27 minutes d’enregistrement seraient constituées à 90 % de “fausses images” et à 10 % de séquences concernant Al-Dura.

En outre, nulle trace de l’agonie de l’adolescent, qu’Abou-Rahma, Enderlin et France 2 prétendent “insoutenable” et donc non diffusable. Interrogé sur cette tactique de trucage, Enderlin aurait déclaré à propos des Palestiniens, “ils font tout le temps ça”, selon Landes.

On touche là à l’argumentaire de défense du correspondant permanent de France 2 qui justifie “la prééminence de la vérité symbolique sur la vérité factuelle”. En clair, il s’arroge le droit journalistique de recréer une situation factice, si elle est une fidèle illustration de la réalité.

Et pour lui, si 90 % des images de l’enregistrement résultent d’une savante mise en scène, cela ne prouve en rien que les 10 % concernant Al-Dura ne soient pas réels. Car Charles Enderlin n’a jamais cessé d’affirmer la véracité du reportage. Il est à Ramallah, le 30 septembre, quand se déroule la scène.

Il se contente de faire le montage à partir des rushes envoyés par Abou Rahma – qui travaille à la fois pour France 2 et CNN – et de caler sa voix pour le commentaire.

Difficile de savoir quelle est l’exacte reponsabilité de Charles Enderlin. Karsenty, comme Luc Rosenzweig, pensent que le correspondant de la chaîne – et la chaîne elle-même – ont pu être dupés par le cameraman.

France 2 vs Philippe Karsenty: dossier 0433823049

France 2 et Enderlin accuseront donc Karsenty de diffamation. Ce dernier sera condamné le 19 octobre 2006 en première instance. Le procureur de la République avait pourtant demandé sa relaxe au vu des “preuves convaincantes et suffisantes au terme d’une enquête non bâclée et non partiale.”

Mais la cour le considère de mauvaise foi et ne retient pas les accusations de manipulation qu’il profère car elles ne reposeraient que sur une seule source d’information, l’enquête de la Mena. Le juge statue également qu’aucune autorité israélienne ne vient corroborer les thèses de Karsenty. Il est vrai que les officiels israéliens ne se sont pas précipités pour apporter leur soutien au directeur de Media-Ratings.

“Mais cela vient enfin”, affirme aujourd’hui le principal intéressé. “Israël a mis du temps avant d’accepter de revenir sur cette affaire. Il voulait oublier pour que tout le monde oublie”, explique-t-il, avant de préciser qu’il bénéficie désormais du soutien de Tsahal depuis septembre 2007.

De quoi encourager celui que certains journalistes comparent à David contre Goliath. Seul contre tous. Inlassablement, il poursuit sa croisade et s’emploie à engranger des preuves. En Israël fin décembre dernier, dans le cadre d’une tournée pour présenter ses dernières conclusions, Karsenty a exposé quelques données nouvelles:

– Les déclarations de Jean-Claude Schlinger, expert balistique auprès de la Cour d’Appel de Paris, qui a affirmé que les tirs, perpendiculaires au mur, ne pouvaient provenir que d’une source palestinienne.

– Les témoignages avancés par France 2 – déclarations écrites de Palestiniens certifiant avoir été sur les lieux le jour du tournage – ont tous été écrits de la même main.

– Les cicatrices du père de Mohammed, Jamal, sur son avant-bras droit ne proviennent pas d’impacts de balles comme il le prétend, mais de blessures par lame. En 1994, Jamal, accusé de collaboration avec Israël, avait été frappé à coups de couteaux par des islamistes palestiniens. Des affirmations apportées par le professeur Yehouda David, qui l’avait soigné en 1994, à l’hôpital Tel Hashomer.

Pendant plus d’une heure trente, Karsenty passe au crible et décrypte les images de l’affaire Al-Dura : les mains de l’enfant déclaré mort “anormalement crispées sur son visage” selon les experts médicaux, le mouvement de son genou plusieurs secondes après qu’il ait perdu connaissance, un chiffon de couleur rouge qu’il tient contre lui, l’absence d’impact de balle et de traces de sang sur ses vêtements ou sur ceux de son père.

Karsenty jongle avec l’évidence. Plus de huit ans après les faits, il signale enfin quelques soubresauts au sein de la classe politique israélienne. Car c’est elle qu’il veut motiver, la seule juridiquement à-même de traîner France 2 en justice pour avoir porté atteinte et préjudice à l’Etat d’Israël.

Karsenty, lui, lavé par la Cour de toute accusation de diffamation, a épuisé tous les recours judiciaires à sa disposition. Les tribunaux ont estimé qu’au vu des documents apportés, il était légitime de douter de l’authenticité des images, et que tel, ce faire n’était assimilable en rien à des propos diffamatoires.

En clair, l’arrêt de la Cour d’appel autorise toute personne à dire ou écrire que le 30 septembre 2000, France 2 a diffusé “un faux reportage”, une “série de scène jouées”, une “mise en scène”, une “pure fiction”, une “mascarade”, “une imposture médiatique”, précise Karsenty.

Mais pour demander à la justice de se prononcer sur la véracité des images, il faudrait que l’Etat d’Israël décide de porter plainte. Histoire de rétablir une vérité historique.

Et de savoir “nous battre sur le terrain, mais aussi dans cette guerre des images”, note Karsenty. Si le mal est fait et que l’affaire Al-Dura appartient au passé, “on peut éviter que d’autres surviennent”, ajoute-t-il. Reste à savoir si son combat portera ses fruits et si sa quête de vérité sera un jour partagée par le leadership israélien.

Chronologie juridique – Lire: judiciaire

– 30 septembre 2000: diffusion du reportage sur Mohammed Al-Dura au journal de 20 h de France 2.

– décembre 2000: Tsahal déclare hautement improbable la responsabilité israélienne dans la mort de l’enfant.

– Le 2 octobre 2002: une manifestation devant les locaux de France Télévision, à Paris, rassemble un millier de personnes dans un souci de lutte pour la déontologie de la presse et le respect de la vérité. Remise d’un prix de la désinformation à France 2 et Charles Enderlin au cours de la manifestation.

– Le 22 novembre 2004: Karsenty accuse France 2 d’avoir diffusé un reportage bidon, qu’il qualifie de “manipulation”, et déclare qu’”Arlette Chabot et Charles Enderlin doivent être démis de leurs fonctions immédiatement.”

– Le 19 octobre 2006: Philippe Karsenty est condamné pour diffamation en première instance. Il va faire appel.

– Le 19 septembre 2007: comparution devant la 11e cour d’appel de Paris. La Cour ordonne à France 2 de produire la totalité des rushes, qui seront visionnés le 14 novembre 2007.

– Le 27 février 2008: audience de plaidoirie.

– Le 21 mai 2008: la Cour rend son jugement. Elle relaxe Karsenty, lavé de toute accusation de diffamation.

* Nathalie Blau

Note

[1] Voir les centaines d’articles regroupés sur Debriefing.org dans les rubriques suivantes: A-Dura/France2; des origines (2001) jusqu’au 15 novembre 2007; du 15/11/2007 au 20/05/2008 et depuis l’arrêt du 21/05/2008.

Source

1. The Jerusalem Post, édition française

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